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Le Droguier

Historique

Le Droguier de Montpellier aujourd’hui situé au sein de l’UFR de Pharmacie, 15 avenue Charles Flahault, a une histoire longue et complexe.

Au milieu du 16e siècle est créé le premier jardin botanique à l’initiative de Guillaume de Rondelet, Régent de l’université de Médecine en 1545 et Chancelier en 1556.
C’est ainsi qu’un Droguier prend forme en 1588 à l’initiative d’un apothicaire montpelliérain, Bernardin II Duranc, qui décide dans sa « boutique » rue de l’Aiguillerie à Montpellier, de constituer un échantillonnage regroupant les différentes drogues (le terme drogue signifiant tous les produits séchés tels que les écorces, les feuilles, les tiges mais aussi tous les organes ou substances animales ayant une activité médicinale et/ ou alimentaire). A Noël et durant la semaine sainte, il se rendait en robe noire dans le grand amphithéâtre d’anatomie au Collège de Médecine pour faire des démonstrations de drogues aux « escholiers carabins ». C’était là un événement important qui, au-delà de marquer le début d’une collaboration nouvelle entre médecins et apothicaires, ouvrait les portes de l’Université à un maître apothicaire.

Bernadin II Duranc s’occupa de cette tâche pendant une douzaine d’années, après quoi, vers 1600, les collections furent confiées à Laurent III Catelan. Celui-ci s’engagea aussitôt à confectionner un nouveau Droguier dans un délai de un an et demi. Il tint parole. Le corps des apothicaires devait ensuite lui rembourser les frais par annuité. Entre temps, il continuait de faire les démonstrations des drogues aux étudiants.
La collection du Droguier de l’ancienne Ecole de Pharmacie est vraisemblablement apparue avec la création de l’Ecole, suite à la loi du 21 germinal an XI (1803). Elle était située dans les anciens locaux du Collège royal de Médecine au centre ville, rue du Bout du Mont, actuellement appelée rue de l’école de Pharmacie, à coté de l’Eglise Saint-Mathieu. Les échantillons sont exposés dans des pots en verre de taille et de forme adaptées. Ces pots sont visibles sur toutes leurs faces grâce à des vitrines panoramiques.

D’après le Professeur Armand Juillet, elle regroupait déjà environ 80 000 échantillons en 1921 et elle contenait certainement des échantillons antérieurs à l’Ecole elle-même.
En 1963, le Droguier est transféré dans les nouveaux locaux de la Faculté de Pharmacie, au Laboratoire de Matière Médicale, au 1er étage du bâtiment D, 15 avenue Charles Flahault. Le Professeur Jean SUSPUGLAS fut chargé de transférer cette collection. Le déménagement a été effectué de manière classique par des manutentionnaires sous le contrôle du Professeur d’Hématologie de la Faculté de Pharmacie, Jacques BERLAN.

Avec le temps, ce Droguier s’est enrichi d'échantillons provenant du monde entier grâce à des donateurs bénévoles et des professeurs passionnés parmi lesquels on trouve des grands maîtres titulaires de la Chaire de Matière Médicale et de Pharmacognosie. Il est à noter que les grandes expositions coloniales de Marseille et de Paris, organisées dans les débuts des années 1900, ont largement contribué à l’enrichissement de ce lieu.
Parmi les grands défenseurs, créateurs et enrichisseurs du Droguier, on citera Martin Hugues POUZIN (1768-1822), Jules-Emile PLANCHON (1823-1888) qui a découvert le phylloxera, son frère Gustave (1833-1900) et son fils Louis-David (1858-1915), François GAY (1858-1898), Honoré IMBERT (1864-1928). Mais aussi Charles-Armand JUILLET (1882-1959), ou encore Jean SUSPUGLAS (1905-1987), Jacques PELLECUER (1937-2005), Yves PELISSIER et Chantal MARION.

Le Droguier a été inscrit au titre des Monuments Historiques le 20 novembre 2009.

Intérêts

D’après René PICAL, conservateur des droguiers et herbiers de 1982 à 1985, le Droguier aurait servi à des chercheurs du musée d’Orsay à Paris pour trouver et analyser des plantes utilisées pour certaines peintures de tableaux, à des égyptologues étudiant des graines et des plantes utilisées pour la momification ou encore aux éditions « BOIRON » pour l’illustration de leur manuel « Homéopathie, le conseil au quotidien ».
Depuis 2000, Yves PELISSIER, Professeur de Pharmacognosie et Chantal MARION, Maître de Conférences, responsables du Droguier, mènent un combat acharné pour la sauvegarde de ce patrimoine unique et menacé de disparition.

Aujourd’hui, le Droguier ne peut pas être considéré comme un musée. C’est avant tout un lieu d’enseignement, de recherche et de découvertes culturelles. Il permet aux étudiants de Pharmacie et de Phytothérapie d'approcher des milliers de plantes médicinales et aromatiques, et d'en connaître leurs vertus. Depuis 10 ans, de nombreux travaux scientifiques (thèses, posters, mémoires) permettent d'identifier, de dénombrer et de numériser les drogues actuelles (cf.Bibliographie). A noter également la présence de plusieurs herbiers conservés dans ce lieu et qui font l'objet eux aussi d'un travail de numérisation, comportant 9349 genres.

Intérêts pédagogiques

Le Droguier vit au travers des étudiants qui y travaillent, y ont travaillé ou y travailleront que ce soit dans le cadre de stage de « Master » au sein de l’Unité Médicale de Recherche (U.M.R.) 95 « Qualisud », d’ Unité d’enseignement (U.E.) « Produits de Santé d’origine végétale et médecines complémentaires », « Aromathérapie », de Travaux Pratiques Intégrés (T.P.I.) pour les 150 étudiants de 3ème année ou de Thèse.

Intérêts scientifiques

De nombreux industriels sont en contact permanent avec les responsables du lieu (appartenant à la composante de l’U.M.R. 95 « Qualisud »), pour retrouver et analyser certaines drogues en voie de disparition et afin d ‘en déterminer leur composition.
En 2008, une collaboration mise en place avec le Centre Interrégional de Conservation et de Restauration du Patrimoine (C.I.C.R.P) Belle-de-Mai à Marseille, par l’intermédiaire de la signature d’une convention, a permis de publier 3 mémoires de stage « Master 1 » de l’UMR 95 « Qualisud ». Ce groupement d’intérêt public culturel travaille en collaboration avec le Droguier pour identifier et établir des échantillons de matériaux naturels anciens ayant été utilisés en peinture classique. Les échantillons analysés systématiquement par chromatographie gazeuse ou spectrométrie de masse viendront compléter le fonds de matériaux naturels anciens du Centre.

Intérêts culturels

Depuis 2004, et après sécurisation des lieux (vitrines, mobilier..), de nombreuses visites ont été effectuées. Notamment par :

  • des professionnels (Industriels Pharmaceutiques …)
  • des nouveaux arrivants à l’UM1 (personnel enseignant et administratif)
  • des associations diverses
  • des lycéens,
  • ...
 

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