D’hier à aujourd’hui

980

Apparu vers l'an 980, Montpellier est d'emblée un lieu de rencontres et d'échanges entre les cultures chrétienne, juive et musulmane.

La vocation universitaire de la ville s'affirme immédiatement dans le domaine médical. Le seigneur de Montpellier Guilhem VIII accorde en 1180 à quiconque le droit d'exercer et d'enseigner la médecine. Mais apparaît très vite la nécessité d'organiser et de garantir l'enseignement. C'est ce que réalise en 1220 le cardinal Conrad, ce qui fait de Montpellier la plus ancienne Ecole de Médecine en exercice du monde occidental.

1260

Les juristes commencent à s'organiser vers 1260. La situation globale de l'enseignement montpelliérain est solennellement reconnue en 1289, quand par la bulle Quia sapientia le pape Nicolas IV fonde à Montpellier un Studium générale, Université regroupant médecine, droit, lettres et théologie.

1492

Une évolution essentielle sera en 1492-1498 la création au sein de l'Université de Médecine de quatre chaires royales, rétribuées sur les deniers publics et pourvues par concours.

La Renaissance se caractérise par une rénovation profonde de l'enseignement. Montpellier est alors un centre intellectuel de haut niveau, sous le patronage de l'évêque de Maguelone Guillaume Pellicier, grand humaniste, ami de François Ier.

1531 : François Rabelais

François Rabelais s'inscrit à l'Université de Médecine en 1531. Il y devient vite bachelier et participe dès lors à l'enseignement, comme c'est alors la règle. Il va commenter les Aphorismes d'Hippocrate, non sur de lointaines et fautives traductions, mais sur le texte original grec, qu'il contribue lui-même à rétablir. Après un bref séjour lyonnais, il revient conquérir son titre de docteur à Montpellier en 1537. Auprès de la prestigieuse Ecole de Médecine, les apothicaires se voient octroyer des Statuts en 1572, qui en font des «suppôts» de l'Université. La Faculté de Droit fait un peu plus pâle figure, souffrant de la forte concurrence de Toulouse, et d'un tissu universitaire régional dense (Aix-en-Provence, Orange, Avignon).

1562 - 1598 : Guerres de religion

Les guerres de religion vont mettre un terme à cette floraison. L'activité universitaire montpelliéraine devient de plus en plus exclusivement médicale. Montpellier est en rivalité directe avec Paris, et fournit la plupart des médecins du roi et des grands. L'Ecole montpelliéraine se montre d'ailleurs plus accueillante que sa rivale aux innovations: circulation sanguine, usage de l'antimoine...

1789 : La Révolution Française

Survient la Révolution. Les universités sont abolies. Les professeurs de l'Université de Médecine continuent bénévolement leur enseignement dans une semi-clandestinité, jusqu'à ce que la nécessité contraigne la Convention à fonder en frimaire an III (décembre 1794), trois Ecoles de Santé, à Paris, Strasbourg et Montpellier. Jusqu'alors petitement logée rue du Bout du monde, la Médecine se voit attribuer les locaux de l'ancien évêché où elle se trouve toujours. D'Ecole de Santé on passe au titre d'Ecole de Médecine, puis de Faculté de Médecine lors de la création de l'Université impériale (1808). La loi du 21 germinal an XI avait créé une Ecole de Pharmacie, qui va prospérer rapidement, sur l'emplacement de l'ancienne Université de Médecine. La Faculté de Droit sera oubliée en 1808 et ne sera fondée qu'en 1878.

XX° siècle

Les établissements montpelliérains vont poursuivre leur développement au long du XXème siècle, s'associant pleinement à l'explosion scientifique qui marque notre époque, tissant un dense réseau de structures d'enseignement et de recherche. Ceci est tout particulièrement vrai en médecine où Montpellier saura se montrer pionnière en bien des domaines (physiopathologie du diabète, découverte de l'activité hypoglycémiante des sulfamides, radiologie, débuts de la transfusion sanguine...).

 

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